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La Cigale Affligée
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Le suicide assisté (états généraux de la bioéthique, CCNE)

Publié le 27/09/2018 à 16h10 Signaler cette vidéo
Je ne sais pas si j'aborderai tous les enjeux des ces "états généraux" mais voila déjà une idée ou deux sur ce premier sujet. à bientôt !

Le suicide devrait nous apparaître comme une liberté fondamentale en ce sens où chacun à le droit de l’exercer dès lors qu’il le souhaite. Se donner la mort par souci d’honneur, conserver la vie par honte de son péché, sont des comportements qui renvoient à une conception collective du politique (respublica) ou du religieux (religare) : j’agis en fonction et par le regard d’un monde qui m’entoure, qui m’a vu naître, qui donne sens à mon existence. C’est qu’on ne mourrait pas impunément, condamnés à vivre que nous étions. Péché, honneur ou désespoir, le suicide n’est pas un geste égoïste ou solitaire, il dit quelque chose d’une représentation commune. Le cadavre ainsi exposé rappelle incessamment à tous la fragilité et l’arbitraire d’une existence tant charnelle et individuelle que sociale et collective. Qui suis-je ? Que sommes-nous ? L’évidence se brise un instant et la supercherie semble enfin dévoilée : nous ne sommes rien de plus qui vaille la peine de vivre, je ne suis rien de plus que ces lambeaux de chairs éclatés. Nous sommes encore incapables de considérer cette exercice volontaire comme une donnée neutre sur l’homme. Le suicide révélant l’absurde de toute vie, il nous affecte mystérieusement. Nous serions cependant prêt à accepter que la société, par l’intermédiaire de l’État, conditionne cette mort volontaire. Certains ambitionnent de l’appeler ainsi : suicide assisté. De la même façon que nous attendons de vivre notre vie comme il nous plaît, nous pourrions ainsi décider du quand et du comment de notre mort et accepter que d’aucuns, époux, enfant, frère ou ami, puisse en décider tout autant.

Ce suicide assisté n’est pas simplement un choix pratique mais une hygiène doublée d’une vertu ; un soin procédural doublé d’un soin moral. Mon acte est sain puisqu’il évite aux autres l’irruption de mon cadavre dans la sphère publique ou intime en confiant sa gestion à l’État, par le biais de la science, de la technique et du commerce. Mon acte est sain puisqu’il n’est plus cette violence retournée contre moi-même et les autres, c’est à dire l’impossible signification de l’acte, mais un fatum intransigeant. La mort devient un possible comme les autres sans attribut positif (l’honneur) ni négatif (damnation ou égoïsme). Si l’individu est la mesure de toute chose alors ce choix devient un droit inaliénable au même titre que l’emploi, l’eau ou la parentalité. Ce choix peut me délivrer d’une souffrance ou d’un désespoir que j’estime insupportable ou que la science me dit insurmontable. Le chagrin de l’autre tient une place respectable mais ne saurait jamais me faire reculer ni se muer en rancœur à mon égard. La colère est illicite : l’impérieux du désir individuel l’en empêche. Culpabilité et colère s’effacent au profit d’une acceptation tacite. Il était impossible qu’il ne fasse pas le choix qu’il a fait puisque cette volonté était toute la mesure de son être. Si l’individu se confond avec un pouvoir décisionnel qui devient une éthique (voire une hygiène) alors il est impossible de remettre en cause ce pouvoir puisque c’est précisément par l’exercice de celui-ci que l’individu se révèle être. Contrevenir à ce pouvoir, même en pensée, c’est pécher contre l’Être.

On ne se demandera plus si ce désir est passager. On ne se demandera plus si la souffrance peut valoir ou non d’être vécue, puisque vécue au milieu des autres, puisque vécue au milieu de celle des autres. Choisir de disposer de son corps et de sa mort est la seule justice. Le corps est le souverain bien dont je dispose comme je l’entends. La mort est l’ultime délivrance des maux réels, anticipés et fantasmés qui me diminuent jusqu’à me nier puisque je ne suis plus rien d’autre qu’un corps qui se doit d’être fonctionnel et qu’un esprit qui entend ne jamais être perturbé par ce premier ni par rien ni personne. La technique permet de sublimer un fantasme qui ne pouvait se réaliser que par une violence extraordinaire, en une formidable rébellion contre la vie ; fantasme qu’on encadre par la loi, qu’on normalise par la procédure, qu’on magnifie par le discours et qu’on achève par la seringue.



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